Atelier d’écriture plurifacultaire autour de la thématique de la fonte des glaces

MUMONS x Fleur Sizaire (Ancrer l’empreinte) x Mons en Lumière 2026

Arrêtez-vous un instant

Avant de reprendre votre parcours artistique au cœur de la ville, restez encore un peu ici.
Face à l’œuvre.
Face à vous-même.

Vous n’avez rien à écrire. Juste à laisser venir les pensées et à écouter ce qui se dépose, ce qui résiste, ce qui émerge.

Quels sont les mots, expressions, idées auxquels vous pensez lorsque l’on parle de fonte des glaces. Qu’est-ce que cela vous évoque ?

La fonte des glaces est, par définition, le passage d’un état à un autre. Un entredeux.
Et vous, dans quel entredeux êtes-vous actuellement ?

À quelques mètres d’ici, une œuvre lumineuse et immersive interroge notre rapport à la glace, à l’eau, au basculement. À partir de cette installation artistique, le MUMONS a fait un choix, celui de prendre le temps de s’arrêter, de regarder, de ressentir… tout en mettant en lumière la richesse des visions au sein de différentes facultés et écoles de l’UMONS.

Car la fonte des glaces n’est pas seulement une donnée scientifique, un graphique ou une échéance politique. C’est aussi une image, une sensation, une inquiétude, un souvenir. Quelque chose qui se décompose. Quelque chose qui se transforme.

Dans le cadre de Mons en Lumières 2026, le MUMONS a invité des chercheuses et chercheurs de l’Université de Mons, issu.e.s de facultés et écoles très diverses, à se retrouver autour d’une question : Que fait la fonte des glaces à nos pensées, à nos émotions, à nos manières de voir le monde ?

Autour de la table, il n’y avait pas une seule manière de penser, mais une constellation de regards. Sept facultés de l’université étaient représentées aux côtés de médiatrices du musée : Sébastien Bette (Science de l’Ingénieur), Julie Carette (Médecine et pharmacie), Guillaume Caulier (Sciences), Vinca Decausemaeckre (Architecture et urbanisme), Anne Godart (Traduction et interprétation), Caroline Kahwaji (Psychologie et sciences de l’éducation), Alexia Lourtie (MUMONS – Sciences biologiques et écologie), Guillaume Périlleux (Économie et gestion), Méline Ver Eecke (MUMONS – Histoire de l’art et muséologie).

Chaque participant.e est venu.e avec son bagage scientifique, mais aussi avec son vécu, ses doutes, ses images intimes. Ici, il ne s’agissait pas d’expliquer, ni de convaincre. Il s’agissait de dire autrement.

Pour assurer le bon déroulé de l’atelier, le MUMONS a fait appel à Fleur Sizaire, fondatrice du studio d’écriture Ancrer l’Empreinte. Son travail explore l’écriture comme un espace de partage, d’échange et de transmission, où les mots circulent entre les personnes, les disciplines et les expériences vécues. Une écriture pensée comme un outil pour créer du lien, ouvrir le dialogue et faire émerger des récits multiples.

Une question est au cœur de sa démarche : quelles traces laisse-t-on ?
Une question qui résonne puissamment avec celle de la fonte des glaces et ses traces visibles, invisibles, durables ou fragiles.

Pendant plusieurs heures, les chercheuses et chercheurs ont écrit. Sans enjeu de publication. Sans attente de “beau texte académique”.

Ils et elles ont été invité.e.s à :

  • explorer les entre-deux (entre l’eau et la glace, la fascination et la crainte, l’été et l’hiver, hier et demain…),
  • se projeter dans une expédition antarctique imaginaire,
  • laisser venir les mots associés à la fonte des glaces,
  • interroger symboliquement la question suivante : “qu’est-ce qui fond en moi ?”.

Les textes n’ont pas cherché l’uniformité. Ils se sont parfois contredits, parfois répondus. Ensemble, ils ont composé une mosaïque sensible, à l’image de la complexité du monde.

Quelques extraits choisis

Sur ce panneau, vous pouvez lire un texte poétique abouti, fruit de l’atelier d’écriture, qui n’en constitue, finalement, qu’une représentation incomplète. Pour vous permettre d’en découvrir davantage, nous partageons quelques extraits choisis des textes produits par les participant.e.s, qui donnent à voir leurs réflexions et ressentis face à la fonte des glaces.

« Un pan entier du glacier auquel nous faisons face est occupé à se détacher et s’écroule dans la mer. Tout cela se passe dans un bruit étourdissant bien plus fort que si la foudre s’était abattue sur nous. Après ce grand bruit, le silence revient petit à petit et nous nous retrouvons à pleurer collectivement chacun dans notre coin. »
Guillaume Périlleux – Économie et gestion

 « On ne fait rien de grand sans risques, disait “je ne sais plus qui”. Un danger raisonnable ? Un défi surmonté ? Excluons le mot « peur » de tout vocabulaire. Quand la glace est rompue, le dialogue arrive. »
Anne Godart – Traduction et interprétation

« La fonte des glaces, je la vis comme la perte de parties de mon être que je pensais solides et ancrées. Je la vis comme une transition, mais également comme une dualité. Une mise à nu de ma fragilité. Comme si, naturellement, des parties de moi devaient changer, évoluer, se transformer, s’adapter – phénomène naturel sur le long cycle de la vie. Cependant, je perçois aussi ce phénomène comme un abandon forcé. »
Caroline Kahwaji – Psychologie et sciences de l’éducation

« Tiens, plutôt qu’un hivernage je préfèrerais un « printonnage » une période où on prend le temps de se reconnecter à l’extérieur et aux merveilles du vivant, mais aussi à nous même. »
Guillaume Caulier – Sciences

« La fonte des glaces, c’est aussi la sortie de l’hiver. Les perce-neiges qui apparaissent, la nature qui reprend ses droits. C’est le retour du soleil et des températures plus chaudes, les journées qui s’allongent. C’est le jour qui gagne sur la nuit. »
Alexia Lourtie – MUMONS – Sciences biologiques et écologie

« Transformation
Acte 1 – Je me suis construite, couche après couche ; j’y ai beaucoup travaillé. J’ai pris forme.
Acte 2 – Je me laisse fondre ; je me laisse couler, larme après larme. Je me déforme.
Acte 3 – Et puis là, en étant au bon endroit, au bon moment, avec les bonnes personnes, je me cristallise à nouveau, je reprends forme.
Je suis le cycle. Ce cycle de la vie à emprunter, celui du renouveau permanent.
Je suis le cycle. Ce cycle de la vie à incarner, celui qui vibre en chacun de nous. »
Sébastien Bette – Sciences de l’ingénieur

« La nature trouvera le moyen. La nature retombe toujours sur ses pattes ! Et finalement, dois-je me conforter dans ce crédo ?
Où être actrice de mon avenir ? »

Julie Carette – Médecine et Pharmacie

« Que dire… ma vision peine à capturer l’ensemble de ce spectacle. J’ai les larmes aux yeux. Mes mains tremblent… Et pas seulement de froid et de fatigue. Quelque chose me submerge. J’observe mes compagnons, silencieux eux aussi, les yeux rivés sur ce glacier. Hypnotique, il nous communique des vérités, des rêves et des cauchemars. »
Méline Ver Eecke – MUMONS – Histoire de l’art et muséologie

« Aujourd’hui le silence pèse différemment,
Son bruit sourd résonne entre les volumes, lignes, surfaces d’un blanc oppressant,
Un carré blanc sur fond blanc, toile vierge, contours absents.
La limite existe-t-elle parce qu’on l’a tracée ou parce qu’on la voit ?
J’esquisse, je m’imagine, j’efface, je recommence, à mon bon plaisir, j’y crois.
Besoin ou vice, à cet instant, sur ce canevas je veux laisser ma trace, à moi. »
Vinca Decausemaeckre – Architecture et urbanisme